Les 7 vies du lapin, enfin le nabaztag a trouvé une utilité, il fait nain de jardin

Balancelle et nabaztag

Il y a quelques mois, pendant que mon chéri s’efforçait d’exterminer les poux qui s’étaient embusqués tout l’été dans l’école pour sauter sur la tête de mon petit dès le premier jour de la rentrée, un de mes copains a  sauvé les nabaztag (plus ou moins d’ailleurs, je ne les sens pas très actifs, les animaux aux grandes oreilles !).

Pour une fois, ma sympathie allait  plus au chasseur qu’au lapin.

Parce que le nabaztag, je lui dois un bide très décevant et une bonne couche de ridicule.

Noël 2005, j’étais immensément fière du cadeau trouvé pour mon chéri grand amateur de technologie, un lapin électronique. Il l’a à peine regardé et, j’ai été sauvée du bide absolu et de la rancune maritale par une vieille affiche en métal que j’avais eu la chance de dénicher quelques jours avant et pas la patience de garder pour lui offrir plus tard.

Il faut dire que ce lapin était crétin avant l’heure. Lorsque mon chéri a essayé de le paramétrer après l’avoir regardé d’un oeil torve pendant plus de 24 heures, il a obtenu la réponse « numéro de série déjà  attribué ». Ce qui lui a fait dire que j’avais acheté son cadeau d’occasion !

Pendant que le père dédaignait son nabaztag , Le schmurck numéro 2 qui avait lui aussi reçu un compagnon électronique à noël apprivoisait son furby.

L’animal n’a jamais rien fait d’autre que tourner les oreilles en clignotant joliment.  J’aurais pu me satisfaire qu’il ne puisse servir que de décoration de noël si je ne l’avais pas payé si cher. J’ai donc entrepris une opération dépannage. Après plusieurs échanges de mail et appels téléphoniques, j’ai appris que mon bestiau avait un alzheimer aussi précoce qu’avancé. Une seule solution : le ramener chez le fabricant et lui changer une partie du cerveau.  J’ai décidé de ne pas perdre mon temps en plus de mes sous et la bête est allée directement de sous le sapin de noël au grenier.

Quelques temps plus tard, j’ai tenté de le recycler dans mon activité de rimailleuse du dimanche, mais je n’ai pas trouvé d’autres rimes à nabaztag que gag !

Mais depuis quelques semaines, il a enfin trouvé une fonction qu’il remplit avec satisfaction, il fait nain de jardin. Et depuis qu’il tient compagnie à la balancelle dont je rêve depuis des années, il a franchement belle allure !

C’est un peu, beaucoup des rêves de ma jeunesse qui dorment en prison ce soir avec DSK

Nous avions 20 ans, nous étions étudiants à Hec et nous avions Dominique Strauss-Kahn comme professeur. Nous nous chuchotions qu’un jour, si comme nous le rêvions sans trop y croire, le Ps accédait au pouvoir, il serait un des dirigeants de notre pays. Ca nous épatait ces quelques professeurs qui comme nous étaient de gauche dans une maison où ce n’était pas franchement la ligne et nous les révérions.

Puis quelques années à peine plus tard, un soir de mai, j’ai voté à la campagne. Dans mon village, parmi les jeunes qui attendaient les résultats, nous n’étions que deux à espérer ce qui s’est passé. Alors vers 21 heures, nous sommes partis tous les deux en voiture. 270 km plus loin, Paris. Nous sommes arrivés porte d’Italie, nous avons garé la voiture et nous avons marché dans les rues en chantant, criant et dansant de joie jusqu’à la Bastille où nous avons fait, comme tant d’autres, la fête toute la nuit.

DSK est devenu ministre et la suite tout le monde la connait.

Même si le flambeau était sacrément terni et mes rêves bien plus modestes, je pensais qu’il allait les porter et leur donner un peu de vie et que, dans quelques mois ….

Là, ce soir, je me sens sacrément vieille.

Mais peut-être que ce n’est pas vrai. Juste un cauchemar et dans quelques jours il sera innocenté.

Ps : lorsque j’ai écrit à M Strauss-Kahn qui s’est écrasé sans vraiment combattre devant Ségolène Royal qu’il manquait de couilles, je ne faisais pas allusion à l’utilisation qu’il est accusé d’en avoir fait !

Pas la peine de voyager, les papous sont chez nous

Nous avons eu nos derniers enfants tard. Pierre et François abordent les rives de l’adolescence alors que leur père vient de passer le cap de la soixantaine et moi celui de la cinquantaine.

Alors que nos occupations nous permettraient de nous offrir des échappées, nous sommes rivés à Paris pour cause de collège où il faut aller tous les jours.

Certains de nos amis voyagent, s’offrent des escapades prolongées dans leur maison de campagne, nous ne pouvons pas.

Mais, nous avons constatés qu’avec l’évolution culturelle fulgurante des 30 dernières années -le premier micro-ordinateur vraiment portable date de 1981 – et la révolution numérique, nous avons l’occasion de faire de l’ethnologie en restant à domicile.

Un pré-ado ou un ado digital native ça ressemble à un enfant d’avant par la difficulté de manipulation (un coup, ça vous pète au nez, un coup ça s’effondre) mais c’est à peu près tout.

Tous les référents culturels, tous les codes ont changé.

Alors, pas la peine de voyager, les papous sont chez nous !

Ps : les poux aussi sont souvent là, mais pas en ce moment.

La nuit blanche et le bête de truc

Vendredi soir, nous sommes arrivés un peu tard à la campagne. Pierre avait emmené un ami. C’était le premier soir des vacances de Pâques. Les enfants étaient excités et nous fatigués. Nous sommes allés nous coucher avant eux.

Le lendemain, je me suis levée à 8 heures et j’ai trouvé François endormi dans un fauteuil sous la véranda. Il a changé plusieurs fois de position tout en continuant de dormir. J’ai essayé de comprendre ce qu’il faisait là. Autant parler à une bûche.

Lorsque son père s’est levé. Il m’a dit « c’est curieux, je suis passé à 7 heures et il n’était pas là ».

L’enfant a fini par ouvrir un oeil et nous l’avons renvoyé se coucher.

J’ai fini par aller le réveiller à l’heure du goûter et j’ai obtenu l’explication. Un défi : faire une nuit blanche. Un seul vainqueur, le plus jeune qui est tombé endormi dans le fauteuilt sur le chemin entre la salle de jeux des enfants et sa chambrel. Et il a précisé avec sérieux :

– Et ils ont eu tort parce que moi, ce matin, j’ai vu un bête de truc !

– T’as vu quoi ?

– Tous les oiseaux se sont mis à chanter. Et puis le ciel qui était noir est devenu clair mais pas d’un seul coup.

Un petit prince qui fait de jolis rêves après avoir admiré sa première aurore

Vous c’est toi

Rendez-vous avec la principale adjointe en charge des quatrièmes pour faire le point avec Pierre.

Après coup, petit débrief pour voir si notre fils a bien compris les messages essentiels. Il semble avoir moyennement capté. Nous lui posons une petite question incidente.

– Il y a d’autres personnes qui vous vouvoient dans le collège ?
– Personne ne nous vouvoie !
– Ben si, la principale adjointe t’a vouvoyé !
– Parce que quand elle disait vous c’est à moi qu’elle parlait ?

Je suis mariée à une pomme de terre…

Je l’ai appris il y a deux jours.

Mon homme rentre de voyage. Il est revenu en train de Bruxelles. Dans le train, derrière lui,  une maman et son petit garçon. Un petit garçon bavard et qui remarque tout à coup la calvitie distinguée de mon chéri.
– Oh Maman, le Monsieur on dirait une pomme de terre.
– Chut, on ne dis pas ça !
– Mais si regarde, on dirait une pomme de terre !
– Tais-toi, voyons !
– Ben regarde !
– Enfin, arrête, ça ne se fait pas de parler comme ça des gens.
– Mais le Monsieur !
– Arrête ou je ne t’emmènerai pas au musée.
– Mais enfin, c’est pas un gros mot, pomme de terre !

En tout cas, la patate est revenue et nous a raconté l’histoire en se marrant bien et a déclaré :
– Il avait raison, vu de derrière, on dirait un peu une pomme de terre ma tête.

Moi je trouve pas, mais je ne suis pas un petit garçon de 4 ans !

Définition de l’ami, Montaigne ou Facebook ?

Tout le monde a en tête la superbe réponse de Montaigne à qui l’on demandait d’expliquer son amitié avec la Boétie : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

Et il fait cette réponse après avoir insisté sur la distinction que l’on doit faire entre la relation et  l’amitié , ce lien si intime qu’il décrit ainsi :
« En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et se confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel qu’elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes.  »
et les relations quelconques avec lesquelles il ne faut surtout pas la confondre :
« ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité«

Facebook s’est évertué depuis quelques années à galvauder encore plus ce terme si précieux d’ami. Et la dernière facebookerie en date n’a fait que déprécier le terme encore un peu plus. Il n’est désormais plus possible de refuser une demande d’ajout d’un « ami ».  On ne peut que mettre le demandeur en suspens.

Soit nous acceptons que le mot ami ne veuille plus rien dire, soit nous nous révoltons. Je propose de rebaptiser les amis facebook et de les appeler des fbamis.

Pas facile à prononcer, mais quoi de plus normal pour cet être hybride, protéiforme et parfois ectoplasmique. Et puis ça sonne un peu comme spam et ça le vaut bien !

Des rêves et des jardins

Au hameau des ossements, nous avions laissé à l’abandon la plus grande partie du jardin.  Et puis, après avoir redécouvert l’est et le soleil levant, nous avons eu envie d’aller voir au sud.

Nous voici nantis d’une petite terrasse en plein soleil à l’entrée d’un jardin en L,  la tête en bas. En L et en bien triste état.  Après dix ans de négligences, il s’est vengé : une haie de thuyas morts ou moribonds qu’il a fallu arracher, une pelouse mitée et envahie de mauvaises herbes, une haie vive dont tous les arbustes sont affaiblis par l’absence de taille et les envahisseurs, une pelouse mitée par endroit et envahie de mauvaises herbes à d’autres. La terrasse ayant pris la place de mon potager, j’ai aussi du aller planter mes salades ailleurs.

J’avais dessiné un plan structuré, prévu un aménagement  chic avec des petites bordures d’osier comme dans les magazines, j’avais en tête un rêve de jardin, pensé, élaboré, un jardin qui aurait raconté une histoire sophistiquée et construite.

Comme d’habitude dans ma vie de jardinière, tout m’a échappé. Pourtant, c’est bien moi qui bêche, sème, charrie des cailloux et de la terre, plante, arrache les mauvaises herbes…

Mais mon jardin est habité par des esprits malicieux et je ne suis pas la narratrice d’un récit. Mon jardin parle tout seul, des petites histoires décousues et peu cohérentes. Il raconte des souvenirs, ceux du hameau, ceux des jardins pas très chics de nos grand-parents. Il raconte aussi la terre de la région qui chérit plus les céréales, les roses et les tomates que les salades.

Mon jardin n’est pas un jardin de rêve, mais un jardin fait de rêves, cette matière décousue, fugitive et floue.

Et d’ailleurs, en nettoyant ce jardin, j’ai trouvé un petit coin magique qui attendait d’être découvert, un arbre qui forme une cabane naturelle et dans laquelle un petit garçon s’est aussitôt installé pour rêver.

Cabane dans l’arbre

Lili passe le permis, un feuilleton presque aussi long que dynastie

Lili passe le permis depuis qu’elle a dix huit ans. Elle en aura 25 après-demain.

Le premier épisode, le code, vient juste de se terminer il y a quelques mois. Il faut dire que la candidate ne forçait pas forcément sur le champignon. Je me souviens d’un savoureux dialogue :
– Moi : Lili, tu en est à combien de fautes quand tu t’entraînes.
– Lili, d’ordinaire agile avec les mots : Bleuh !
– Moi : Quoi Bleuh !
– Lili : Bleuh !
– Moi : mais Enfin ?
– Lili : je peux pas dire. J’ai honte.
– Moi, la mère, la gourde : Mais comment ça se fait ?
– Le petit ami de Lili : Cécile, le manuel, tu l’as lu ?
– Lili : Ben non, c’est pas possible, c’est vraiment trop barbant ce truc.

Pour la conduite, elle a décidé de se montrer inattendue. Ma fille qui maîtrise l’intendance et les contraintes du quotidien. Elle que l’on peut qualifier de pragmatique s’est mis à faire preuve d’une totale fantaisie un volant entre les mains, une émule de Gaston Lagaffe. A tel point, que plus personne dans l’auto-école qu’elle fréquente n’a voulu lui donner de leçon à part une monitrice particulièrement intrépide ou particulièrement compatissante.  Au bout de plusieurs mois, elle a fini par progresser et la monitrice toujours aussi hardie l’a présentée à l’examen.

Et là, elle a décidé d’appuyer sur le champignon… au mauvais moment…  Car si l’examinatrice n’avait pas elle appuyé sur le frein ma Lili jolie aurait grillé un stop et embouti l’auto le jour du permis !

Ecrit dans le livre de sciences

Depuis des années, nous répétons au schmurck numéro 2 que manger un peu plus lui ferait du bien. Depuis des années, il ne nous écoute pas. Et aujourd’hui à l’heure du goûter, il m’a déclaré sur un ton péremptoire :
– Ca ne va pas du tout, je suis trop léger !
– Qui te l’a dit ?
– C’est écrit dans mon livre de sciences. Faut faire quelque chose !
– Ben oui, faut faire ce que nous te disons depuis des années manger un peu plus.

Et là, regard noir, plutôt incrédule. Pour qu’il me croit vraiment, il faudrait aussi que ce soit écrit dans le livre de sciences : si vous êtes trop menu, mangez un peu plus que trois fois rien !