Marie, anagramme d’aimer

Mon roman préféré de l’automne : La Vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint . Un livre d’amour lorsqu’il est chair, sang, passion, danger. L’amour intranquille.

Dans une langue directe, crue parfois, d’un lyrisme acéré, clinique et incandescent, le narrateur nous avoue que Marie est le nom absolu de la femme, le nom de la femme absolue, le nom de la femme que l’on aime pour toujours.

Je ne suis pas seule à avoir apprécié, il a obtenu pour ce livre le prix Décembre. Et, pour le plaisir une superbe description :

« J’apercevais au loin les profils enténébrés du grand à-pic rocheux qui longeait la côte, avec ses versants torturés, qui tombaient dans le mer comme les pans pétrifiés d’une robe de collection de Marie, avec ses drapés tourmentés, ses plissés, ses feuilletés, ses arêtes verticales et ses bouillonnés rocheux façonnés par le vent et écorchés par la tempête. J’entendais la mer gronder en contrebas, noire, immense, houleuse, qui bouillonnait sur place dans des fureurs d’écume, et je fonçais droit devant moi le long des côtes déchiquetées, en emportant dans mon sillage ce cortège de robes fantomatiques en roches volcaniques, des robes couleur lave ou magma, qui mariaient les ténèbres du basalte aux roches métamorphiques, mêlaient des granites et des porphyres, des ophiolites, des cipolins et des calcaires, des paillettes de mica et des veines d’obsidienne. »

Non, il n’y a pas plein de descriptions dans le livre. Mais celle-ci me fait craquer.

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