Princesse Marie pionnière de l’internet mobile

Bien avant que l’internet mobile soit accessible et à la mode, princesse Marie l’avait inventée.

iphoneRégulièrement mon téléphone sonnait et j’entendais la voix affolée de ma fille :

– Maman, j’ai rendez-vous dans un quart d’heure, mais je ne sais pas où. Tu peux te connecter à mon compte mail et regarder.
– Maman, je suis perdue, je vais 52 rue de la paix et je ne sais pas comment y aller. Tu peux regarder le plan sur internet.
– Maman, je suis à l’aéroport, je dois embarquer dans cinq minutes, je pars pour Rome, mais j’ai pas l’adresse ni le téléphone des gens chez qui je vais.

Elle aurait pu appeller la jolie Lili, mais elle n’était pas certaine que sa jumelle irlandaise allait effacer de sa mémoire les informations confidentielles données dans la panique avec autant de rigueur et de célérité que moi. 

Nous sommes en 2009 et un i-phone remplit mes fonctions dans la vie de mon aînée. Ca vient vite l’obsolescence !

Baisse la tête, t’auras l’air d’un coureur. Ben moi, à force de pencher, je ressemblais à un santon de Provence.

Il y avait tellement de vent que j’ai fini quasiment allongée sur la route et que j’avais l’allure gracieuse de la petite vieille porteuse de fagots des crèches provençales !

Mais, ça aurait pu être pire. Ce vent si fort aurait pu venir du nord et pas du Sud…

Mon parcours en image

jogging

as de doute, je suis la mère de Struwwel Peter

Pierre l’ébouriffé est un personnage d’un livre d’histoires pour enfants écrit par Heinrich Hoffman à la fin du 19ème.

Ces histoires souvent effrayantes, ont pour héros des enfants désobéissants, impolis, aux comportements excessifs et prompts à la bêtise !

L’auteur, médecin, les écrivait  pour calmer ses jeunes patients anxieux !!!

Plus je plonge dans le 2.0, plus Lily mac Bread plonge dans le protocole

Hier en fin d’après-midi, après avoir passé ma journée à discuter web 2.0 pour préparer le café des usages avec des djeuns qui ont l’âge d’être mes enfants et me donnent l’impression de dater du néolithique, je suis rentrée à la maison où j’ai retrouvé avec bonheur mon chéri qui a le bon goût d’être né quelques années avant moi.

Mon répit fût de courte durée. J’avais des invités, un jeune couple d’ amis de la jolie Lili. Emma veut faire du planning stratégique et finit sa maîtrise, Vincent travaille dans une agence web et souhaitait venir discuter avec moi de la quatorzaine des réseaux sociaux. Heureusement, miss Lili, notairesse stagiaire, s’était jointe au duo.

Et notre conversation qui allait de la com aux geekeries a été coupée de délicieuses pauses où notre exploratrice des mondes du passé nous croquait avec sa verve habituelle l’univers désuet de l’étude dans laquelle elle évolue avec  une certaine délectation. Ma joyeuse épicurienne se métamorphose aux heures ouvrées en notairesse compassée,  attachée aux formules rituelles, alambiquées et patinées par les ans ainsi qu’à une certaine étiquette.

– Ah, non, si je laissais faire mon client, on se tutoierait !
– C’est dingue, je lui envoie un mail et je termine par  » veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de ma considération respectueuse et tu sais ce qu’il met comme formule pour me répondre ?
– Non. Cordialement comme tout le monde ?
– Même pas, il termine par cdt. Cdt, tu te rends compte !

Ptdr !

Ps : le client trop décontracté de la formule a 60 ans et la notairesse stagiaire tout juste 24.

Le supporter…

Je trouvais mon chéri bien silencieux ce soir, claquemuré dans son antre depuis notre retour du hameau des ossements et le coucher des garçons. J’ai tenté de l’appater en lui proposant du déca. Seul le silence m’a répondu. Certes, il aime bien rester seul de longs moments, mais là, c’est suspect.

Et soudain, eureka, je cherche les news sportives et paf, bonjour tristesse, le PSG a perdu.

Supporter, ça veut dire supporter, mais supporter du PSG, c’est la plupart du temps au sens d’endurer, comme supporter d’Arsenal avant Arsène ! N’est-il pas Monsieur Hornby ?

Office dépôt

Dialogue entre le schmurck numéro 2, 10 ans et demi et le schmurck numéro 1, 11 ans et demi.

– Il faudrait que je dise à Alexandra ce que j’éprouve pour elle
– C’est délicat
– Oui, mais elle organise une boum pour son anniversaire et j’aimerais y aller
– Elle va peut-être t’inviter. Elle n’a pas encore donné ses invits ?
– Si. Elle ne m’a pas invité. Mais si je lui déclare mes sentiments et qu’elle éprouve la même chose pour moi, elle m’invitera peut-être.

C’était avant les vacances. Alexandra n’a pas invité François. Et il a fini par me confier, désabusé, après qu’il lui ait offert des stylos en gage d’amour, geste immense, au regard de sa passion pour la papeterie :
– J’en ai marre. Je sens bien qu’elle ne m’aime pas. Elle me prend juste pour une succursale d’Office dépôt !

Je suis la mère et bien sûr, j’ai pensé in petto que cette jument peu sutbtile d’Alexandra ne méritait pas l’amour de mon mignon ouistiti.

Encore un petit coup de vieillitude

La jolie Lili est passée hier soir. Au fil de la conversation, elle nous décrit une personne qu’elle fréquente et pour bien nous faire comprendre qu’il est étrange, elle pointe un de ses travers :

– Et il se mouche dans des vieux kleenex en tissu !

Et oui, aujourd’hui, à 24 ans, le mouchoir c’est un objet inconnu ….

Mmorpg, jeux de rôle massivement multi joueurs en ligne.

Dans mon salon et joué par mes deux fils, 12 ans et dix ans et demi, ça donne :

Multi : Chacun des garçons invite un copain et le quatuor s’égaie dans le loft profitant de ce que c’est aussi un lieu de travail avec réseau wifi et plusieurs ordinateurs connectés.

Massivement : bruyant. Chacun d’entre eux commente à voix haute ce qu’il fait et que font les autres. Sans compter la nécessité d’élaborer une stratégie collective et donc d’échanger en criant bien fort.

Jeux de rôle : certes, mais je reconnais bien dans la façon dont ils évoluent dans le jeu, la façon dont ils se répartissent les rôles dans la vie.

Sans compter que tout ça me rappelle furieusement la façon dont mon petit frère jouait avec ses copains à la petite guerre !

Pas de doute, c’est bien la grande vieillitude !

J’ai eu un premier choc l’autre soir. Je prends le métro en compagnie de deux amis et une amie, tous plus agés que moi de plusieurs années et voici qu’un charmant jeune homme se lève de son strapontin et cède sa place à … moi. Le coup fût rude et je me suis effondrée, atterrée, sur le strapontin offert si gentiment

Mais il y a pire. Ces mésaventures, lorsqu’elles m’arrivent, ravissent mon chéri car elles le consolent d’avoir quelques années de plus que moi. Donc, il s’est empressé de me répéter l’anecdote qu’une de mes amies lui avait confié sous le seau du secret ou presque. Son petit garçon alors qu’elle lui lisait son premier babar a joyeusement crié en reconnaissant un personnage familier. Il a vu la vieille dame et il a crié nénène, le petit nom qu’il  me donne.

Et je ne peux même pas vouer une rancune tenace à ce délicieux petit bonhomme et l’accuser d’être un sale petit morveux au goût affreux. Le premier mot qu’il ait prononcé clairement, c’est précisément mon petit nom !

Vendredi sera rose tendre ou noir charbon

Personnages : sc1, 12 ans, son frère de dix ans et demi sc2, le père, la mère et un copain de sc1, lieu : le loft

durerdeschidadoLe schmurck numéro 1 n’est pas un tiède. Il a fait sa déclaration aujourd’hui à Milena sous forme d’une lettre discrètement posée devant elle en permanence.  Et en fonction de la réaction de la belle, demain après-midi nous verrons rentrér un amoureux de Peynet flottant sur un petit nuage de béatitude ou un deschidado nervalien, veuf, ténébreux, inconsolé au luth portant le soleil noir de la mélancolie.

Afin de savoir si nous devions nous préparer au pire, nous avons posé quelques questions. Auxquelles il a répondu avec empressement. Parler de ses amours a manifestement plus d’importance que les vivre à douze ans tout juste.

– Et alors, elle a pris ta lettre, elle ne l’a pas lue ?
– Non, elle l’avait pas vue. Elle l’a vue juste avant de sortir et elle l’a mise dans sa poche.

Le schmurck numéro 2 n’a pas notre réserve. Il demande des détails :
– T’as écrit quoi dans ta lettre ?
– You are in my heart, I love you
– Ben t’as du faire des fautes, ça va pas le faire !

Il se fait houspiller pour interventionnisme négatif et mal venu de la part de quelqu’un qui, après de multipes voyages en Angleterre, ateliers, jeux et stages sait à peine dix mots dans la langue de Shakespeare.

Sc1 : – Non, j’ai pas fait de fautes, j’ai utilisé des scotchs avec les phrases dessus.

La mère : – T’as rien écrit de personnel ?
– Si, mais j’ai bien fait attention.  
– Et t’as pas vue si elle était contente ?
– Non, mais elle a pas montré la lettre à ses copines.

Sc2 : –  Elle a l’air gentille comme fille. Y en a plein qui l’auraient montrée à leurs copines. Les filles elles sont pas toutes sympas.

Sc1, s’adressant à son copain : – Oui, parce que François, son amoureuse Alexandra.
Les parents en choeur : – C’est pas tes affaires !
Sc2 : – De toute façon, je la kiffe plus