Ecrit dans le livre de sciences

Depuis des années, nous répétons au schmurck numéro 2 que manger un peu plus lui ferait du bien. Depuis des années, il ne nous écoute pas. Et aujourd’hui à l’heure du goûter, il m’a déclaré sur un ton péremptoire :
– Ca ne va pas du tout, je suis trop léger !
– Qui te l’a dit ?
– C’est écrit dans mon livre de sciences. Faut faire quelque chose !
– Ben oui, faut faire ce que nous te disons depuis des années manger un peu plus.

Et là, regard noir, plutôt incrédule. Pour qu’il me croit vraiment, il faudrait aussi que ce soit écrit dans le livre de sciences : si vous êtes trop menu, mangez un peu plus que trois fois rien !

Tim Burton et les schmurcks

En octobre 2005, le schmurck numéro 2 s’est pris de passion pour Tim Burton. Certes, avec un surnom pareil, c’était écrit ! Mais à 7 ans même pas, ça restait surprenant.

J’ai donc acheté plusieurs dvd de films signés de son réalisateur préféré et organisé des séances de cinéma à la maison.

En février suivant, j’ai donc projeté à François, 7 ans et Pierre, 8 ans, Mars attacks.

 Très rapidement, ils se sont blottis dans mes bras surtout l’aîné.

Le film les a captivés, mais nous avons tous passé une mauvaise nuit ensuite :
L’aîné claquait des dents :
– J’ai jamais eu aussi peur dans un film !
Le second pestait :
– C’est pas juste, j’aimais mieux les martiens et ils perdent. 

Quand à moi j’étais inquiète  par la  sympathie manifestée par mon petit  pour des êtres laids, malfaisants et perfides…

Mon préado n’est pas étrange, c’est un archétype

Régulièrement, je regarde Pierre avec étonnement.  Jusqu’alors j’attribuais certains aspects de son comportement qui me déconcertaient à son caractère propre. Je me trompais, c’est générationnel :

Ses manifestations répétées d’attachement et de tendresse ne sont pas le signe d’un enfant plus affectueux que les autres.

Son projet d’entreprise de production et diffusion de jeux vidéos élaboré avec un sérieux qui ne laisse de côté aucun détail n’est pas l’expression d’un tempérament plus entreprenant que les autres.

Ils sont tous comme ça entre 8 et 14 ans : technos tradis sérieux (étude Disney sur plus de 3000 tweens des grands pays européens).

Néanmoins, je ne crois pas qu’ils aient tous poussé le sérieux  jusqu’à avoir déjà rédigé les statuts de leur société,  fait signer des contrats de travail à leurs copains et petit frère, les avoir mis à l’ouvrage, avoir déjà viré son frère pour insubordination et rendement insuffisante et avoir entamé leur propre formation à la programmation en C grâce à internet !

Sans compter qu’il se voit déjà éclipser Bill Gates et qu’il n’y a pas mégalo dans le portrait du tween moyen !

Ps : comme il faut grandir, l’affection se manifeste aussi par son revers, l’agressivité.

Mots d’adonaissants, ils sont délicieux ces petits

François, 11 ans, enfant qui ne vient pas vraiment d’un milieu culturel défavorisé décrit la pub Hédiard :
 » Ah ! la meuf qui va chercher de la bouffe ! »

Pierre, 12 ans, furieux contre ses parents, qui, bien sûr, font tout de travers et ne le comprennent pas :
 » Et c’est pas juste, lui tu l’appelles mon petit rat et moi tu m’appelles mon poussin. J’aime pas les poussins ! »

Indignation illégitime

Notre petit dernier est revenu la mine basse de l’école vendredi dernier. Il a été puni.  Sa voisine Ninon chantonnait et çà l’énervait. Il lui a demandé de cesser. Elle a continué. Et il l’a insulté  et l’a traitée de sa..pe. Euh, pas très élégant.

Comme notre petit dernier a recommencé depuis plusieurs semaines à jouer les gentils anars à l’école et perturbe très régulièrement la classe,  il n’a bénéficié d’aucune indulgence : 20 lignes.

Et il a râlé. Contre Ninon, bien sûr dont c’était la faute.

Contre la maîtresse aussi. Certes, il trouvait normal d’avoir été puni. Conscient d’avoir proféré une injure inacceptable. Mais il trouvait insultant qu’elle lui ait fait écrire le terme gros mots pour qualifier son expression :
– Ça fait bébé. Elle exagère. Elle me respecte pas !

Depuis quelques jour, j’ai du mal à trouver le sommeil le soir et un peu de mal à émerger le lendemain.

Ce matin, je suis arrivée encore embrumée dans le salon où mes deux fils attendaient avec impatience que je leur fasse des crèpes.

Je n’avais pas encore complètement ouvert les yeux que mon chéri me questionnait :
– Elles sont où les petites confitures ?
– Je les ai cachées.
– Je m’en doutais !

Et il m’a regardée avec l’air de n’en penser pas moins sur ma mesquinerie.

Je ne suis pas mesquine, mais après plus de quinze ans de cohabitation avec un gourmand glouton au bec très sucré, moi qui suis une gourmande mesurée, calculatrice, de petit appétit et qui n’aime le sucré qu’en des moments bien précis, j’ai fini par apprendre à me défendre.

Je planque pour ne pas être déçue en retrouvant vide l’assiette où j’avais gardé le dernier petit bout de gâteau que je me faisais une joie de déguster avec mon café une fois la table débarrassée et la cuisine nettoyée ou les petits pots de confiture entièrement vides au moment de déguster mes tartines matinales !

Heureusement pour moi, mes fils, pas plus mesurés que leur père en matière de gourmandise, sont nutellivores. La confiture ne les intéresse pas. Parce qu’ils l’auraient trouvé, eux, ma planque et ils ne m’auraient pas fait de remarque !

Bonnes prévisions mais mauvais augures

Je joue régulièrement les astrologues et mes prévisions pour 2010 sont bonnes comme il se doit.

2010 en général ! Parce qu’en ce qui concerne 2010 dans mon cas particulier, les augures sont désagréables. J’ai débuté l’année nauséeuse, fiévreuse et faible. J’ai des douleurs à la hanche, probablement usée et dans les doigts, probablement l’arthrite.  Merdre de merdre de merdre. J’en ai déjà over ras le bol d’être vieille et j’ai même pas vraiment commencé !

Mère mauvaise langue punie par la justice immanente

Noël, repas de réveillon. Princesse Marie picore à peine en expliquant qu’elle est un peu malade et pas mal barbouillée. Mauvaise langue, je me dis in petto qu’elle a trouvé un bon prétexte pour ménager sa ligne pendant les fêtes.

Hier soir, réveillon du nouvel an. Je picore à peine un peu malade et pas mal barbouillée !

Sos élastiques à votre service

Pierre, 12 ans, arbore au poignet un élastique en guise de bracelet. La jolie Lili, 24 ans, grande soeur, l’interroge sur cette nouvelle mode dont elle n’a pas eu vent. Il répond sur le ton de l’évidence :
– C’est pour les filles !
– Pour leur plaire.
– Non, pour les dépanner. Elles ont toujours besoin d’un élastique.
– T’as raison, c’est pas bête comme moyen de te faire bien voir d’elles.

Intervention du petit, presque 11 ans, autoproclamé expert en coiffure féminine
– Vaudrais mieux porter un chouchou. Les filles mettent des chouchous.

Reprise d’autorité de la jolie Lili, fashion addict comme toutes les filles de sa génération
– Ah, non, Karl Lagerfeld a dit que le chouchou c’était totalement ringard !