Le café bar la slavia est placé sous le signe de la charentaise mais quel café au fait ?

Ras le bol des serveuses jeunes et ultralookées des bistrots branchés, vive le tablier en coton, le gilet de laine tricoté main et les charentaises.

Dans le bistrot de mon grand-père, on buvait de la bière, du vin, de la limonade avec ou sans sirop, du blanc cass, de la mirabelle, du sic et quelques autres boissons. Du café, sans doute, mais quel café ?

Pas le moindre souvenir de cafetière et encore moins de percolateur.

Avis à ceux qui fréquentèrent au bon coin, café bar la slavia, Latrecey, Haute-Marne, France, recherche souvenir.

Le goût des gaufres de mon grand-père, élégie – The taste of my grandfather’s waffle, elegy

Je me souviens des gaufres que faisait mon grand-père
Dans un petit village, perdu au fond des âges.
Il y tenait un bistrot étrange, phalanstère
Plus qu’estaminet. Parfois, y venait un mage.

Dans sa marmite de vieux sorcier,  il jetait du lait,
De la farine, du sucre, de la bière, du mystère
Du fond de sa cuisine obscure,  il grommelait
Mêlant imprécations et histoires de naguère

Ensuite, il nous fallait patienter plusieurs heures.
Quand mon grand-père glissait dans l’immense cheminée
Les  moules en forme de cœur, une délicieuse odeur
Se répandait. Enfin, les gaufres étaient données

Epaisses, moelleuses, brûlantes et aussi croustillantes
Elles avaient le goût de l’enfance, de la douceur
de la tendresse, du plaisir, des heures insouciantes,
Le goût d’un merveilleux et éphémère bonheur.

Mon grand-père, le héros de retro games camp

I remember the wafles that my grandfather cooked
In a small village lost in the depth of ages
He had a curious bistro there : vintage it looked
Years ago. Rustic and fun at many stages

In his wizzard’s old cauldron, he threw flour, sugar,
Milk, beer,  a good dose of love, a few mysteries.
In his small dark kitchen he grunted with vigor
A mix of curses and entertaining stories

Afterwards, we had to wait for long long hours
When my grandfather slipped in the old fireplace
The moulds shaped as hearts, delightful odours
Spread. At least, the wafles were put on paper lace.

Golden, thick and smooth, burning as well as crispy,
They possessed the taste of childhood, sweetness,
Tenderness, pleasure, carefree hours, red poppy.
The taste of a marvelous, ephemeral happiness.

My grand-father, the hero of Retro games camp

Londres aux mille visages, poème – Many faces of London, poem

Londres regent's canal

Tu crois visiter Londres, c’est Londres qui te visite
Au fil des pas, tu goûtes ses charmes hétéroclites
Snob, calme et close ou rock, alerte et ouverte
Un marché qui sent l’Inde, l’Italie et l’herbe verte
Un canal bucolique et urbain, chic et trash
Des boutiques de luxe, des échoppes qui flashent

Tu crois traverser Londres, c’est Londres qui te traverse
Tu te promènes tranquille et elle te bouleverse
Rues grises, rouges ou bayadères, calmes ou agitées
Une bière au pub, un cocktail au Ritz ou un thé
Des buildings éclectiques qui fracassent le ciel gris
Les passants poursuivent business ou flânerie

Tu crois révéler Londres, c’est Londres qui te révèle
Tu vois le monde dans ses facettes qui étincellent
Le passé croise le futur à chaque coin de rue
Et aucune de ces rencontres ne semblent incongrues
A tout moment la ville s’invente et te libères
Rien n’est impossible, ton esprit est vif et  clair

You think you visit London, London who visits you
Step after step, you taste her heteroclite charms
Snob, quite, shut or rock, alert and open
A market which smells of India, Italy and green grass
A canal bucolic and urban, chic and trash
Luxury Shops, flashy stalls

You think you come through London, London comes through you
You stroll quiety and she moves you
Streets grey, red or bayadere, quiet or agitated
A beer in the pub, a cocktail at the Ritz or a tea
Eclectic buildings smashing the grey sky
Passers-by pursuing business or wandering

You think you reveal London, London reveals you
You see the world in her sparkling facets
The past crosses the future at each street corner
And none of this encounters looks incongruous
At any moment, the town invents herself and frees you
Nothing is impossible, your spirit is sharp and clear

Les 7 vies du lapin, enfin le nabaztag a trouvé une utilité, il fait nain de jardin

Balancelle et nabaztag

Il y a quelques mois, pendant que mon chéri s’efforçait d’exterminer les poux qui s’étaient embusqués tout l’été dans l’école pour sauter sur la tête de mon petit dès le premier jour de la rentrée, un de mes copains a  sauvé les nabaztag (plus ou moins d’ailleurs, je ne les sens pas très actifs, les animaux aux grandes oreilles !).

Pour une fois, ma sympathie allait  plus au chasseur qu’au lapin.

Parce que le nabaztag, je lui dois un bide très décevant et une bonne couche de ridicule.

Noël 2005, j’étais immensément fière du cadeau trouvé pour mon chéri grand amateur de technologie, un lapin électronique. Il l’a à peine regardé et, j’ai été sauvée du bide absolu et de la rancune maritale par une vieille affiche en métal que j’avais eu la chance de dénicher quelques jours avant et pas la patience de garder pour lui offrir plus tard.

Il faut dire que ce lapin était crétin avant l’heure. Lorsque mon chéri a essayé de le paramétrer après l’avoir regardé d’un oeil torve pendant plus de 24 heures, il a obtenu la réponse « numéro de série déjà  attribué ». Ce qui lui a fait dire que j’avais acheté son cadeau d’occasion !

Pendant que le père dédaignait son nabaztag , Le schmurck numéro 2 qui avait lui aussi reçu un compagnon électronique à noël apprivoisait son furby.

L’animal n’a jamais rien fait d’autre que tourner les oreilles en clignotant joliment.  J’aurais pu me satisfaire qu’il ne puisse servir que de décoration de noël si je ne l’avais pas payé si cher. J’ai donc entrepris une opération dépannage. Après plusieurs échanges de mail et appels téléphoniques, j’ai appris que mon bestiau avait un alzheimer aussi précoce qu’avancé. Une seule solution : le ramener chez le fabricant et lui changer une partie du cerveau.  J’ai décidé de ne pas perdre mon temps en plus de mes sous et la bête est allée directement de sous le sapin de noël au grenier.

Quelques temps plus tard, j’ai tenté de le recycler dans mon activité de rimailleuse du dimanche, mais je n’ai pas trouvé d’autres rimes à nabaztag que gag !

Mais depuis quelques semaines, il a enfin trouvé une fonction qu’il remplit avec satisfaction, il fait nain de jardin. Et depuis qu’il tient compagnie à la balancelle dont je rêve depuis des années, il a franchement belle allure !

C’est un peu, beaucoup des rêves de ma jeunesse qui dorment en prison ce soir avec DSK

Nous avions 20 ans, nous étions étudiants à Hec et nous avions Dominique Strauss-Kahn comme professeur. Nous nous chuchotions qu’un jour, si comme nous le rêvions sans trop y croire, le Ps accédait au pouvoir, il serait un des dirigeants de notre pays. Ca nous épatait ces quelques professeurs qui comme nous étaient de gauche dans une maison où ce n’était pas franchement la ligne et nous les révérions.

Puis quelques années à peine plus tard, un soir de mai, j’ai voté à la campagne. Dans mon village, parmi les jeunes qui attendaient les résultats, nous n’étions que deux à espérer ce qui s’est passé. Alors vers 21 heures, nous sommes partis tous les deux en voiture. 270 km plus loin, Paris. Nous sommes arrivés porte d’Italie, nous avons garé la voiture et nous avons marché dans les rues en chantant, criant et dansant de joie jusqu’à la Bastille où nous avons fait, comme tant d’autres, la fête toute la nuit.

DSK est devenu ministre et la suite tout le monde la connait.

Même si le flambeau était sacrément terni et mes rêves bien plus modestes, je pensais qu’il allait les porter et leur donner un peu de vie et que, dans quelques mois ….

Là, ce soir, je me sens sacrément vieille.

Mais peut-être que ce n’est pas vrai. Juste un cauchemar et dans quelques jours il sera innocenté.

Ps : lorsque j’ai écrit à M Strauss-Kahn qui s’est écrasé sans vraiment combattre devant Ségolène Royal qu’il manquait de couilles, je ne faisais pas allusion à l’utilisation qu’il est accusé d’en avoir fait !

Pas la peine de voyager, les papous sont chez nous

Nous avons eu nos derniers enfants tard. Pierre et François abordent les rives de l’adolescence alors que leur père vient de passer le cap de la soixantaine et moi celui de la cinquantaine.

Alors que nos occupations nous permettraient de nous offrir des échappées, nous sommes rivés à Paris pour cause de collège où il faut aller tous les jours.

Certains de nos amis voyagent, s’offrent des escapades prolongées dans leur maison de campagne, nous ne pouvons pas.

Mais, nous avons constatés qu’avec l’évolution culturelle fulgurante des 30 dernières années -le premier micro-ordinateur vraiment portable date de 1981 – et la révolution numérique, nous avons l’occasion de faire de l’ethnologie en restant à domicile.

Un pré-ado ou un ado digital native ça ressemble à un enfant d’avant par la difficulté de manipulation (un coup, ça vous pète au nez, un coup ça s’effondre) mais c’est à peu près tout.

Tous les référents culturels, tous les codes ont changé.

Alors, pas la peine de voyager, les papous sont chez nous !

Ps : les poux aussi sont souvent là, mais pas en ce moment.

Vous c’est toi

Rendez-vous avec la principale adjointe en charge des quatrièmes pour faire le point avec Pierre.

Après coup, petit débrief pour voir si notre fils a bien compris les messages essentiels. Il semble avoir moyennement capté. Nous lui posons une petite question incidente.

– Il y a d’autres personnes qui vous vouvoient dans le collège ?
– Personne ne nous vouvoie !
– Ben si, la principale adjointe t’a vouvoyé !
– Parce que quand elle disait vous c’est à moi qu’elle parlait ?

Je suis mariée à une pomme de terre…

Je l’ai appris il y a deux jours.

Mon homme rentre de voyage. Il est revenu en train de Bruxelles. Dans le train, derrière lui,  une maman et son petit garçon. Un petit garçon bavard et qui remarque tout à coup la calvitie distinguée de mon chéri.
– Oh Maman, le Monsieur on dirait une pomme de terre.
– Chut, on ne dis pas ça !
– Mais si regarde, on dirait une pomme de terre !
– Tais-toi, voyons !
– Ben regarde !
– Enfin, arrête, ça ne se fait pas de parler comme ça des gens.
– Mais le Monsieur !
– Arrête ou je ne t’emmènerai pas au musée.
– Mais enfin, c’est pas un gros mot, pomme de terre !

En tout cas, la patate est revenue et nous a raconté l’histoire en se marrant bien et a déclaré :
– Il avait raison, vu de derrière, on dirait un peu une pomme de terre ma tête.

Moi je trouve pas, mais je ne suis pas un petit garçon de 4 ans !

Des rêves et des jardins

Au hameau des ossements, nous avions laissé à l’abandon la plus grande partie du jardin.  Et puis, après avoir redécouvert l’est et le soleil levant, nous avons eu envie d’aller voir au sud.

Nous voici nantis d’une petite terrasse en plein soleil à l’entrée d’un jardin en L,  la tête en bas. En L et en bien triste état.  Après dix ans de négligences, il s’est vengé : une haie de thuyas morts ou moribonds qu’il a fallu arracher, une pelouse mitée et envahie de mauvaises herbes, une haie vive dont tous les arbustes sont affaiblis par l’absence de taille et les envahisseurs, une pelouse mitée par endroit et envahie de mauvaises herbes à d’autres. La terrasse ayant pris la place de mon potager, j’ai aussi du aller planter mes salades ailleurs.

J’avais dessiné un plan structuré, prévu un aménagement  chic avec des petites bordures d’osier comme dans les magazines, j’avais en tête un rêve de jardin, pensé, élaboré, un jardin qui aurait raconté une histoire sophistiquée et construite.

Comme d’habitude dans ma vie de jardinière, tout m’a échappé. Pourtant, c’est bien moi qui bêche, sème, charrie des cailloux et de la terre, plante, arrache les mauvaises herbes…

Mais mon jardin est habité par des esprits malicieux et je ne suis pas la narratrice d’un récit. Mon jardin parle tout seul, des petites histoires décousues et peu cohérentes. Il raconte des souvenirs, ceux du hameau, ceux des jardins pas très chics de nos grand-parents. Il raconte aussi la terre de la région qui chérit plus les céréales, les roses et les tomates que les salades.

Mon jardin n’est pas un jardin de rêve, mais un jardin fait de rêves, cette matière décousue, fugitive et floue.

Et d’ailleurs, en nettoyant ce jardin, j’ai trouvé un petit coin magique qui attendait d’être découvert, un arbre qui forme une cabane naturelle et dans laquelle un petit garçon s’est aussitôt installé pour rêver.

Cabane dans l’arbre

Lili passe le permis, un feuilleton presque aussi long que dynastie

Lili passe le permis depuis qu’elle a dix huit ans. Elle en aura 25 après-demain.

Le premier épisode, le code, vient juste de se terminer il y a quelques mois. Il faut dire que la candidate ne forçait pas forcément sur le champignon. Je me souviens d’un savoureux dialogue :
– Moi : Lili, tu en est à combien de fautes quand tu t’entraînes.
– Lili, d’ordinaire agile avec les mots : Bleuh !
– Moi : Quoi Bleuh !
– Lili : Bleuh !
– Moi : mais Enfin ?
– Lili : je peux pas dire. J’ai honte.
– Moi, la mère, la gourde : Mais comment ça se fait ?
– Le petit ami de Lili : Cécile, le manuel, tu l’as lu ?
– Lili : Ben non, c’est pas possible, c’est vraiment trop barbant ce truc.

Pour la conduite, elle a décidé de se montrer inattendue. Ma fille qui maîtrise l’intendance et les contraintes du quotidien. Elle que l’on peut qualifier de pragmatique s’est mis à faire preuve d’une totale fantaisie un volant entre les mains, une émule de Gaston Lagaffe. A tel point, que plus personne dans l’auto-école qu’elle fréquente n’a voulu lui donner de leçon à part une monitrice particulièrement intrépide ou particulièrement compatissante.  Au bout de plusieurs mois, elle a fini par progresser et la monitrice toujours aussi hardie l’a présentée à l’examen.

Et là, elle a décidé d’appuyer sur le champignon… au mauvais moment…  Car si l’examinatrice n’avait pas elle appuyé sur le frein ma Lili jolie aurait grillé un stop et embouti l’auto le jour du permis !