Dans les années 70 les féministes brûlaient leur soutien-gorge, en 2010, elles enfilent des chemises en pilou

Et filent se blottir sous la couette pour dormir tout leur saoul.

Et oui, les femmes, dans leur majorité, n’ont pas leur content de sommeil pour être vraiment en forme. Arianna Huffington, l’éditrice de The Huffington Post, and Cindi Leive,  l’éditrice de Glamour, ont lancé une campagne sur ce thème.

Pour elles, les femmes ne pourront vraiment donner leur pleine mesure et réussir autant qu’elles le méritent qu’à condition de se reposer assez. Ce n’est pas pour rien que la privation de sommeil est une méthode qu’utilisent les sectes pour maintenir leur sujet sous leur contrôle.  Etre fatigué est un handicap pour réfléchir, créer, gérer ses relations, relever des défis au mieux.

Pour cela, il leur faut cesser de croire qu’elles doivent travailler plus que les hommes pour démontrer qu’elles ont mérité la place qu’elles occupent lorsqu’elles occupent un poste de responsabilité, cesser d’assumer la plus grosse partie des tâches ménagères et du suivi des enfants lorsqu’elles travaillent et cesser de vouloir se conformer au modèle de perfection véhiculé par les magazines féminins et qui exige de tout cumuler : réussite au travail, maison bien tenue,  corps entretenu, esprit cultivé. Un challenge !

Je n’ai pas informé mon chéri de cette nouvelle tendance.  Je ne vais pas amener d’eau au moulin de celui qui me vante inlassablement les charmes du sommeil.

Parce que, j’ai beau être convaincue qu’il faut défendre le droit des femmes, y compris, celui de dormir assez, j’ai deux gros problèmes :
– Je ne sais pas m’endormir dans des délais raisonnables ce qui laisse le champ libre à des ruminations mentales qui vont du pas très rose au franchement noir (sauf l’après-midi sur le canapé noir, sous la couverture rouge, après une nuit vraiment difficile, en regardant pour la 100ème fois le même épisode de Miss Marple et pour une sieste de 20 minutes)
– Mes rêves sont de la même couleur et donc, mes nuits sont nettement moins belles que mes jours.

Vieillir pour de vrai, c’est pas facile, facile

A lire les magazines féminins et les interviews de people, surtout les peoples de sexe féminin, tu as l’impression que passer le cap de la cinquantaine, soixantaine, c’est rien du tout…
– Je ne me suis jamais sentie aussi bien…
– Je profite enfin de la vie
– Aujourd’hui, on reste séduisante bien plus longtemps.
– Non, je ne fais rien : juste des bons produits de beauté, une alimentation saine, un verre de rouge de temps en temps et un grand verre d’eau au petit déjeuner et de la barre au sol deux fois par semaine.

Et mon cul, c’est du poulet !  Traduire gym intensive, régime permanent, lifting et abonnement chez le chirurgien esthétique.

Quant à profiter à fond de la vie. Euh ! A moins d’être bionique, même en très bonne santé, la machine manque d’huile et présente des signes d’usure. Et c’est chiant !

Et il y a aussi la camarde qui te fait signe et que tu vois chaque jour plus proche. Comme dirait Jacques Weber : « Tu sens qu’un jour ou l’autre la porte va se fermer. Et vite. Alors il y a une forme d’effroi qui ne te quitte jamais. »

Et à propos de temps :

Le temps nous égare
Le temps nous étreint
Le temps nous est gare
Le temps nous est train
Jacques Prévert

Et de mort : « Toute activité humaine sérieuse est un moyen de la tenir à distance »

Rendons à Schopenhauer ce qui est à Schopenhauer et pas à Audiard

« Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »

Cette célèbre réplique d’Audiard n’est rien de plus qu’un résumé percutant d’une anecdote de la vie de Schopenhauer.

Il mangeait à son club. Un autre client l’aborde et lui pose une question à laquelle il répond de façon lapidaire :
– Je ne sais pas.
Le quidam commente :
– Et bien, je pensais qu’un grand sage comme vous avait réponse à tout.
Réplique de Schopenhauer :
– Non, le savoir est limité. Seule la bêtise est sans limites.

Maisons de rêve et rêve de maison

Les maisons dont j’ai rêvé, sont, je crois, au nombre de 5 :

La première, j’en ai rêvé enfant, en compagnie de mon petit frère. Nous passions des heures à feuilleter le catalogue Manufrance et nous choisissions la canadienne que nous nous offririons – en dépit de l’opposition de notre mère qui ne trouvait pas ça chic et de notre père qui n’en voyait pas l’intérêt – au bout de plusieurs siècles d’économie de notre argent de poche. Nous n’avons jamais possédée cette maison de toile. Elle est restée un rêve et c’est sans doute très bien ainsi.

La deuxième, j’en ai rêvé adolescente, étouffant dans le surabondant bric à brac de jolies vieilleries, d’outils utiles ou inutiles, de petits meubles, de vaisselle et autres objets qu’accumulait avec passion ma mère. Je me voyais dans un grand loft blanc, meublé et décoré sobrement. C’est par hasard et alors que je n’y pensais plus, que je me suis retrouvée habitant ce genre de lieu dont le dépouillement est parfois mis à mal par la présence d’une famille nombreuse et très vivante. Nous avons eu la chance, mon amoureux et moi d’en tomber amoureux tous les deux au premier regard.

La troisième, une variante de la seconde, c’est un rêve que je faisais en compagnie de mon père. La transformation en loft rural de la grange de notre maison de campagne. Il est mort. Nous avons vendu la maison. J’ai poursuivi quelques temps l’espoir de réaliser ce rêve. Ce n’est plus la peine aujourd’hui. Mon cousin anglais s’en charge et ses projets sont superbes. Je me contenterais d’aller admirer sa nouvelle maison. Ma cousine, elle est attachée à l’ancienne maison, biscornue, meublée et décorée cosy. J’en profiterais pour regarder comment ils se débrouillent pour réconcilier leurs rêves de maison si différents. Je leur fais confiance. Les deux maisons sont mitoyennes et ils s’aiment.

La quatrième, la maison dans l’ïle, j’en ai rêvé jeune femme. Je passais souvent en train à côté de l’ïle de Vilennes me disant « ce serait merveilleux d’habiter ici ». J’ai fini par le faire. Vivre sur une Ile a quelque de magique : un refuge et un ailleurs à la fois. Pourtant malgré le merveilleux du lieu, j’y ai été triste car j’y ai vécu la fin d’un mariage. Et le joli songe a pris les vilaines teintes d’un cauchemar.

Je vais craquer, la vieillitude, c’est pas fun

Depuis plusieurs jours j’avais des douleurs dans le cou, l’épaule … Normal à mon âge.

Depuis hier, je n’ai plus mal, mais j’entends des petits craquements dès que je bouge la tête et mon chéri m’a dit que ça allait avec et … je trouve ça flippant.

Avoir mal, je m’y attendais, mais cliqueter comme un robot !