Définition de l’ami, Montaigne ou Facebook ?

Tout le monde a en tête la superbe réponse de Montaigne à qui l’on demandait d’expliquer son amitié avec la Boétie : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

Et il fait cette réponse après avoir insisté sur la distinction que l’on doit faire entre la relation et  l’amitié , ce lien si intime qu’il décrit ainsi :
« En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et se confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel qu’elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes.  »
et les relations quelconques avec lesquelles il ne faut surtout pas la confondre :
« ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité«

Facebook s’est évertué depuis quelques années à galvauder encore plus ce terme si précieux d’ami. Et la dernière facebookerie en date n’a fait que déprécier le terme encore un peu plus. Il n’est désormais plus possible de refuser une demande d’ajout d’un « ami ».  On ne peut que mettre le demandeur en suspens.

Soit nous acceptons que le mot ami ne veuille plus rien dire, soit nous nous révoltons. Je propose de rebaptiser les amis facebook et de les appeler des fbamis.

Pas facile à prononcer, mais quoi de plus normal pour cet être hybride, protéiforme et parfois ectoplasmique. Et puis ça sonne un peu comme spam et ça le vaut bien !