Mon préado n’est pas étrange, c’est un archétype

Régulièrement, je regarde Pierre avec étonnement.  Jusqu’alors j’attribuais certains aspects de son comportement qui me déconcertaient à son caractère propre. Je me trompais, c’est générationnel :

Ses manifestations répétées d’attachement et de tendresse ne sont pas le signe d’un enfant plus affectueux que les autres.

Son projet d’entreprise de production et diffusion de jeux vidéos élaboré avec un sérieux qui ne laisse de côté aucun détail n’est pas l’expression d’un tempérament plus entreprenant que les autres.

Ils sont tous comme ça entre 8 et 14 ans : technos tradis sérieux (étude Disney sur plus de 3000 tweens des grands pays européens).

Néanmoins, je ne crois pas qu’ils aient tous poussé le sérieux  jusqu’à avoir déjà rédigé les statuts de leur société,  fait signer des contrats de travail à leurs copains et petit frère, les avoir mis à l’ouvrage, avoir déjà viré son frère pour insubordination et rendement insuffisante et avoir entamé leur propre formation à la programmation en C grâce à internet !

Sans compter qu’il se voit déjà éclipser Bill Gates et qu’il n’y a pas mégalo dans le portrait du tween moyen !

Ps : comme il faut grandir, l’affection se manifeste aussi par son revers, l’agressivité.

Mots d’adonaissants, ils sont délicieux ces petits

François, 11 ans, enfant qui ne vient pas vraiment d’un milieu culturel défavorisé décrit la pub Hédiard :
 » Ah ! la meuf qui va chercher de la bouffe ! »

Pierre, 12 ans, furieux contre ses parents, qui, bien sûr, font tout de travers et ne le comprennent pas :
 » Et c’est pas juste, lui tu l’appelles mon petit rat et moi tu m’appelles mon poussin. J’aime pas les poussins ! »

Un petit livre délicieux et grave, le remplaçant, Agnès Desarthe, citations et idées de Korczak

Un petit livre en apparence léger sur son grand-père et, en filigrane,  le livre qu’elle dit avoir voulu écrire sans y arriver alors qu’elle y est parvenu sans l’ombre d »un doute : le portrait de Janusz Korczak, directeur de l’orphelinat du ghetto de Varsovie,  en quelques traits à peine esquissés et beaucoup de plages vides qui laissent deviner.

Un livre qui ne parle que de l’essentiel : la survie, le sens de la vie, la dignité d’homme  en se donnant l’air de ne raconter presque que des anecdotes amusantes et légères. Un livre qui rappelle que le pire a eu lieu et que des hommes sont parvenu à l’éclairer.

Un livre à lire absolument.

Et qui rappelle un autre livre extraordinaire  : le dernier des justes d’André Schwarz-Bart.

C’était cela la vraie douleur : être une mère sans enfants, un écrivain sans livres, un chanteur sans voix, un conteur sans histoires.

Triple B parlait français. Un français avec accent. « R » rocailleux, « a » toujours chapeautés d’un circonflexe. Un français qui avait inventé l’hyperlatif.

Ces fameuses apparences permettent aux orphelins, comme au personnel chargé de s’occuper d’eux, de croire qu’ils ne sont pas condamnés à mourir ; en effet, s’ils l’étaient, pourquoi s’embêterait-on ainsi ?
Il ne s’agit ni d’un mensonge ni d’une duperie. Il n’y a rien de superficiel dans ses apparences. Nous aimons tous penser que nous ne mourrons jamais. Même en temps de paix, nous tentons par mille réconforts, d’oublier l’issue fatale. Chaque jour, nous rééditons l’exploit d’une imbécilité heureuse qui consiste à nous croire éternels. La pensée de notre fin est comme nimbée d’une brume, elle se soustrait à nos yeux, glisse, nous échappe ; et nous gagnons de l’argent, et nous faisons le ménage, et nous cultivons le corps et l’esprit, comme si le progrès constant pouvait nous sauver de la destruction.

Quand il n’y a plus ni à boire ni à manger, quand on ne dort plus, que le jour se fond dans la nuit, il reste encore les histoires, les cérémonies, les spectacles, toutes choses que beaucoup ont tendance à considérer comme futiles et qui signent pourtant l’appartenance à l’humanité aussi clairement que les dix doigts de pied du bébé de papier.

Cela ne sert à rien, on meurt quand même. L’art ne sert à rien, car on meurt toujours. Mais l’image reste. L’image d’un convoi d’enfants qui chantent en allant vers la mort et disent « en nous exterminant, c’est vous-mêmes que vous tuez ».

Le 22 décembre (on ne se lève pas), le 22 juin (on ne se couche pas), la journée de la première neige,  la journée de la saleté (on ne se lave pas), la journée des cuisines, …

Indignation illégitime

Notre petit dernier est revenu la mine basse de l’école vendredi dernier. Il a été puni.  Sa voisine Ninon chantonnait et çà l’énervait. Il lui a demandé de cesser. Elle a continué. Et il l’a insulté  et l’a traitée de sa..pe. Euh, pas très élégant.

Comme notre petit dernier a recommencé depuis plusieurs semaines à jouer les gentils anars à l’école et perturbe très régulièrement la classe,  il n’a bénéficié d’aucune indulgence : 20 lignes.

Et il a râlé. Contre Ninon, bien sûr dont c’était la faute.

Contre la maîtresse aussi. Certes, il trouvait normal d’avoir été puni. Conscient d’avoir proféré une injure inacceptable. Mais il trouvait insultant qu’elle lui ait fait écrire le terme gros mots pour qualifier son expression :
– Ça fait bébé. Elle exagère. Elle me respecte pas !

Depuis quelques jour, j’ai du mal à trouver le sommeil le soir et un peu de mal à émerger le lendemain.

Ce matin, je suis arrivée encore embrumée dans le salon où mes deux fils attendaient avec impatience que je leur fasse des crèpes.

Je n’avais pas encore complètement ouvert les yeux que mon chéri me questionnait :
– Elles sont où les petites confitures ?
– Je les ai cachées.
– Je m’en doutais !

Et il m’a regardée avec l’air de n’en penser pas moins sur ma mesquinerie.

Je ne suis pas mesquine, mais après plus de quinze ans de cohabitation avec un gourmand glouton au bec très sucré, moi qui suis une gourmande mesurée, calculatrice, de petit appétit et qui n’aime le sucré qu’en des moments bien précis, j’ai fini par apprendre à me défendre.

Je planque pour ne pas être déçue en retrouvant vide l’assiette où j’avais gardé le dernier petit bout de gâteau que je me faisais une joie de déguster avec mon café une fois la table débarrassée et la cuisine nettoyée ou les petits pots de confiture entièrement vides au moment de déguster mes tartines matinales !

Heureusement pour moi, mes fils, pas plus mesurés que leur père en matière de gourmandise, sont nutellivores. La confiture ne les intéresse pas. Parce qu’ils l’auraient trouvé, eux, ma planque et ils ne m’auraient pas fait de remarque !

Bonnes prévisions mais mauvais augures

Je joue régulièrement les astrologues et mes prévisions pour 2010 sont bonnes comme il se doit.

2010 en général ! Parce qu’en ce qui concerne 2010 dans mon cas particulier, les augures sont désagréables. J’ai débuté l’année nauséeuse, fiévreuse et faible. J’ai des douleurs à la hanche, probablement usée et dans les doigts, probablement l’arthrite.  Merdre de merdre de merdre. J’en ai déjà over ras le bol d’être vieille et j’ai même pas vraiment commencé !

Mère mauvaise langue punie par la justice immanente

Noël, repas de réveillon. Princesse Marie picore à peine en expliquant qu’elle est un peu malade et pas mal barbouillée. Mauvaise langue, je me dis in petto qu’elle a trouvé un bon prétexte pour ménager sa ligne pendant les fêtes.

Hier soir, réveillon du nouvel an. Je picore à peine un peu malade et pas mal barbouillée !