Les 12 ans du schmurck numéro 1

Je travaillais paisiblement lorsque le téléphone m’a interrompu :
– Ici le collège, Pierre ne va pas très bien. Il a mal au ventre.

Mal au ventre, le mode inquiétude se débranche aussitôt.

– C’est son anniversaire aujourd’hui, je crois que ça l’énerve.
– Il est très fatigué. Quelqu’un peut venir le chercher.

Je suis donc allée chercher mon fils qui a douze ans depuis les petites heures de ce matin.

Après un interrogatoire rapide, nous avons pu établir un diagnostic. Enervé à l’idée de ces 12 ans imminents et de la xbox 360 modèle elite qui va avec, notre bombe humaine dort très peu depuis plusieurs jours. Sans compter qu’il a récemment changé de vocation. Il ne veut plus devenir cuisinier mais prof de sport. Et, comme nous n’avons pas affaire à un tiède, il s’agite dans tous les sens depuis quinze jours.

Comme les 2 autres garçons de la famille, Pierre tient à  illustrer chacun cette vérité paradoxale : ce n’est pas parce qu’hystérie vient du grec utérus qu’il en faut un pour être hystérique.

Faut que je me trouve fissa une belle-fille !

Le schmurck numéro 1 qui aura douze ans demain  a décidé de nous faire faire des économies. Plutôt que nous achetions des ouvrages ou des magazines décrivant le comportement des ados, il se charge d’éclairer notre lanterne :

– Préado, c’est quand on commence à devenir des racailles.

Nous lui signalons que nous n’avons pas l’intention de le laisser virer racaille. Il continue ses explications sans paraître entendre les commentaires :

– A 14 ans, on s’assagit si on a une petite copine et sinon on contiue à faire des conneries jusqu’à 18-20 ans.

James, il s’appelait James

Il a fait partie de la vie du schmurck numéro 1 durant plusieurs années. De la maternelle aux débuts de l’école primaire.

Au début, nous n’avons pas très bien compris de qui il s’agissait. D’autant que notre schmurck  ne nous l’a pas présenté comme tel :
– Bonjour, je vous présente James, mon ami imaginaire

Dans ses discours volubiles mais pas toujours très structurés, il arrivait comme Zorro ou Spiderman en renfort au moment le plus critique, mais contrairement à ces homologues célèbres, ce héros n’était pas doté d’une panoplie immarcescible, bien au contraire. James changeait de nationalité, d’âge, de compétences, de talents et même de gabarit en fonction des besoins.

Je trouvais James envahissant mais après qu’il ait disparu de nos vies en catimini, il a fini par me manquer.

Sauver le nabaztag, exterminer les poux

Pendant que mon chéri s’efforce d’exterminer les poux qui se sont embusqués tout l’été dans l’école pour sauter sur la tête de mon petit dès le premier jour de la rentrée, un de mes copains tente de sauver les nabaztag.

Pour une fois, ma sympathie va plus au chasseur qu’au lapin.

Parce que le nabaztag, je lui dois un bide très décevant et une bonne couche de ridicule.

Noël 2005, j’étais immensément fière du cadeau trouvé pour mon chéri grand amateur de technologie, un lapin électronique. Il l’a à peine regardé et, j’ai été sauvée du bide absolu et de la rancune maritale par une vieille affiche en métal que j’avais eu la chance de dénicher quelques jours avant et pas la patience de garder pour lui offrir plus tard.

Il faut dire que ce lapin était crétin avant l’heure. Lorsque mon chéri a essayé de le paramétrer après l’avoir regardé d’un oeil torve pendant plus de 24 heures, il a obtenu la réponse « numéro de série déjà  attribué ». Ce qui lui a fait dire que j’avais acheté son cadeau d’occasion !

Pendant que le père dédaignait son nabaztag , Le schmurck numéro 2 qui avait lui aussi reçu un compagnon électronique à noël apprivoisait son furby.

L’animal n’a jamais rien fait d’autre que tourner les oreilles en clignotant joliment.  J’aurais pu me satisfaire qu’il ne puisse servir que de décoration de noël si je ne l’avais pas payé si cher. J’ai donc entrepris une opération dépannage. Après plusieurs échanges de mail et appels téléphoniques, j’ai appris que mon bestiau avait un alzheimer aussi précoce qu’avancé. Une seule solution : le ramener chez le fabricant et lui changer une partie du cerveau.  J’ai décidé de ne pas perdre mon temps en plus de mes sous et la bête est allée directement de sous le sapin de noël au grenier.

Quelques temps plus tard, j’ai tenté de le recycler dans mon activité de rimailleuse du dimanche, mais je n’ai pas trouvé d’autres rimes à nabaztag que gag !

Des goûts et des couleurs

Pas moyen d’importer dans mon blog tout repeint de neuf mes vieux billets. Le fichier de  sauvegarde est trop gros ! J’ai bien compris le message que m’envoient les dieux de l’internet. Trop de blablas. Grosse opération de tri en cours.

Mais ça, je ne jette pas, un peu de philosophie sur l’amour par le schmurck numéro 2 en  mai 2007  :

« Tous les genres de garçons peuvent rendre amoureuses des filles, même les merdeux »

Je suis la parnassienne de la culture du melon

J’ai entrepris cette année de marcher sur les brisées de ma grand-mère et de cultiver des melons.

J’ai semé des graînes, repiqué, pincé, installé sous la véranda, arrosé, tuteuré, repincé et fin août… j’ai récolté un melon.

Bien mûr, goût délicieux.

Mais … il avait  la taille d’un citron !

J’aurais peut-être mieux fait de cultiver des orchidées !

Le pire n’est pas toujours certain, mais…

Pour mémoire : je suis partie cet été en Angleterre jouer les jo en compagnie de 3 mômes : Pierre, 12 ans bientôt, Alexane, 11 ans et demi et François, 10 ans et demi.

Lorsque nous visitions au British Museum la salle consacrée au Mexique j’entendais le système de sécurité émettre à intervalles réguliers un sifflement particulièrement pénible.

Ma première pensée bien sûr : “Mes monstres !”.  

Ma deuxième pensée : “Ne sois pas pessimiste, le pire n’est pas toujours certain !”.

Pour des raisons de décence, je tairai ma troisième pensée lorsque la gardienne m’a dit “Do those kids belong to you ?” avec le ton – qui m’est malheureusement trop familier- de la maîtresse qui déclare qu’elle a quelque chose à me dire.

La preuve par la culotte …

Régulièrement ma cousine raconte comme un des souvenirs les plus marquants de son enfance la fascination que lui inspirait la vue de ma grand-mère Berthe (notre arrière grand-mère en fait) faisant pipi debout.

Elle vivait alors chez nos grand-parents parce que ses parents commerçants n’avaient pas le temps de s’occuper de son frère aîné, de son petit frère et d’elle… Chez eux, en guise de commoditités, un cabanon fait de planches de bois disjointes au fond de la cour et à l’intérieur, une sorte de trône du même matériau, percé d’un trou par lequel on apercevait un gouffre terrifiant dont l’on sentait bien avant d’être dans les cabinets l’odeur pestilentielle.

Pas étonnant, dans ces conditions qu’elle ait rêvé d’être grande pour faire pipi debout comme notre arrière-grand-mère. Le fait que les femmes des générations suivantes aient renoncé à ce privilège ne lui inspirait curieusement pas la moindre réflexion sur la pérennité de cette façon de satisfaire certains besoins.

Lorsqu’elle raconte cette histoire, je vois bien qu’il y a des incrédules. Ma mère m’ayant décrit les mêmes scènes, je n’ai pour ma part, pas grand doute.

Mais depuis ce matin, j’ai l’objet qui fait preuve. En chinant sur un vide-greniers, j’ai acheté une culotte fendue, l’objet qui permettait à mon arrière grand-mère de disposer de ses toilettes portatives !

Image : Et oui, les enfants chinois ont longtemps joui du privilège dont rêvait ma cousine et en jouissent encore dans certaines régions !

Mère web2.0 et mère moins que zéro

J’ai un blog depuis plusieurs années, sur mes sites, je mets en place des espaces communautaires sur les sites que je gère, je twitte, j’échange avec ma famille et certains amis, je participe à l’organsiation d’un événement dont le thème est les réseaux sociaux …

Mais lorsque Pierre, bientôt 12 ans, a dans un mouvement de colère évoqué le zéro comme référence pour évaluer sa mère, il n’y avait aucune référence à l’internet participatif. D’autant qu’il trouve justement ma façon de me comporter en tant que parent pas assez 2.0

– Tu es une mère moins que zéro, m’a-t-il déclaré exaspéré par mon obstination à poser des limites à la démocratie participative dans ma maison;

L’éclat de rire qu’a provoqué chez moi cette sortie, n’a pas amélioré mon score.

– Avant, en 2006, tu étais une bonne mère, bien mieux que la moyenne, 1,5

– Et moi, demande le père ?
– Tu étais zéro et maintenant tu es juste 0,5. Ca le fait pas !

En 3 ans, ce pauvre enfant a vu son total parental divisé par 3 !

Mais durant les mêmes trois ans, son poids et sa taille sans être multipliés d’autant, ont bien augmenté. Et la mère moins que zéro, en fin de journée, à l’heure où les ados naissants font d’énormes câlins à leur maman, se demande si ses genoux ne vont pas eux aussi passer au stade moins que zéro !