Maisons de rêve et rêve de maison

Les maisons dont j’ai rêvé, sont, je crois, au nombre de 5 :

La première, j’en ai rêvé enfant, en compagnie de mon petit frère. Nous passions des heures à feuilleter le catalogue Manufrance et nous choisissions la canadienne que nous nous offririons – en dépit de l’opposition de notre mère qui ne trouvait pas ça chic et de notre père qui n’en voyait pas l’intérêt – au bout de plusieurs siècles d’économie de notre argent de poche. Nous n’avons jamais possédée cette maison de toile. Elle est restée un rêve et c’est sans doute très bien ainsi.

La deuxième, j’en ai rêvé adolescente, étouffant dans le surabondant bric à brac de jolies vieilleries, d’outils utiles ou inutiles, de petits meubles, de vaisselle et autres objets qu’accumulait avec passion ma mère. Je me voyais dans un grand loft blanc, meublé et décoré sobrement. C’est par hasard et alors que je n’y pensais plus, que je me suis retrouvée habitant ce genre de lieu dont le dépouillement est parfois mis à mal par la présence d’une famille nombreuse et très vivante. Nous avons eu la chance, mon amoureux et moi d’en tomber amoureux tous les deux au premier regard.

La troisième, une variante de la seconde, c’est un rêve que je faisais en compagnie de mon père. La transformation en loft rural de la grange de notre maison de campagne. Il est mort. Nous avons vendu la maison. J’ai poursuivi quelques temps l’espoir de réaliser ce rêve. Ce n’est plus la peine aujourd’hui. Mon cousin anglais s’en charge et ses projets sont superbes. Je me contenterais d’aller admirer sa nouvelle maison. Ma cousine, elle est attachée à l’ancienne maison, biscornue, meublée et décorée cosy. J’en profiterais pour regarder comment ils se débrouillent pour réconcilier leurs rêves de maison si différents. Je leur fais confiance. Les deux maisons sont mitoyennes et ils s’aiment.

La quatrième, la maison dans l’ïle, j’en ai rêvé jeune femme. Je passais souvent en train à côté de l’ïle de Vilennes me disant « ce serait merveilleux d’habiter ici ». J’ai fini par le faire. Vivre sur une Ile a quelque de magique : un refuge et un ailleurs à la fois. Pourtant malgré le merveilleux du lieu, j’y ai été triste car j’y ai vécu la fin d’un mariage. Et le joli songe a pris les vilaines teintes d’un cauchemar.

Des goûts et des couleurs

Pas moyen d’importer dans mon blog tout repeint de neuf mes vieux billets. Le fichier de  sauvegarde est trop gros ! J’ai bien compris le message que m’envoient les dieux de l’internet. Trop de blablas. Grosse opération de tri en cours.

Mais ça, je ne jette pas, un peu de philosophie sur l’amour par le schmurck numéro 2 en  mai 2007  :

« Tous les genres de garçons peuvent rendre amoureuses des filles, même les merdeux »

Le goût du sic…

Mon grand-père dans son bistrot de campagne luttait contre l’impérialisme américain.

Il refusait de vendre du coca cola et offrait du sic à la jeunesse assoiffée qui venait s’égarer dans son estaminet.

Cette boisson au goût chimique inimitable possédait un pouvoir astringent hors du commun.

Malgré la lutte héroïque de mon aïeul, le coca cola a chassé le sic de notre planète  il y a plusieurs dizaines d’années.

Mais je me demande si certaines boissons aux couleurs fluorescentes lancées récemment et que je n’ai pas osé goûter ne sont pas la réincarnation du soda de mon grand-père.

Si j’ose y tremper mes lèvres, en sentant mes gencives et ma langue se rétracter sous la morsure acide de la boisson, j’éprouvrerais peut-être la sensation inouïe de retrouver mon enfance tel Marcel savourant la douceur moelleuse de la madeleine.